Anévrisme aortique thoraco-abdominal

Anévrisme aortique thoraco-abdominal : qu’est-ce que c’est ?

Rappelons qu’un anévrisme correspond à une dilatation anormale d’une artère, induisant une augmentation du diamètre supérieure à deux fois la taille normale. Si cette pathologie peut affecter toutes les artères, elle est davantage localisée sur l’aorte, plus gros vaisseau du corps humain. Celle-ci comprend 4 segments :

  • L’aorte abdominale du diaphragme jusqu’à la bifurcation de l’aorte en 2 artères iliaques
  • L’aorte thoracique descendante, de la crosse jusqu’au diaphragme
  • La crosse de l’aorte, de laquelle naissent les vaisseaux à destination des bras et du cerveau
  • L’aorte ascendante, depuis le cœur jusqu’à l’origine des vaisseaux du cou

Les signes de la maladie

L’anévrisme aortique thoraco-abdominal peut évoluer sur plusieurs années et reste asymptomatique dans la plupart des cas. Cette pathologie est souvent décelée lors du bilan d’une autre maladie. Toutefois, une masse abdominale battante peut être palpée lors d’un examen physique, le patient peut également présenter des douleurs abdominales ou dorsales. D’autre part, un malaise ou une perte de connaissance liée à une hypotension artérielle, voire un état de choc suite à une hémorragie interne sont rapportés lors d’une rupture de cet anévrisme.

Le diagnostic

L’anévrisme est souvent décelé à l’occasion d’examens pour d’autres pathologies :

  • La résonnance magnétique nucléaire (IRM) utilisant des ondes magnétiques et non des rayons X
  • l’angio scanner thoracique recourant aux rayons X est l’examen de premier choix, il permet de faire le diagnostic et de mesurer d’éventuelles complications
  • L’échographie abdominale utilisant des ultrasons

Le scanner et l’IMR servent à préciser la taille de l’anévrisme ainsi que sa localisation en vue d’indiquer le traitement approprié.

Les traitements

L’objectif du traitement d’un anévrisme aortique thoraco-abdominal est d’éviter la principale complication qui est la rupture, qui peut être fatale. La prise en charge dépend de la taille de celui-ci, la rapidité de son évolution, sa localisation ainsi que l’état général du patient. Dans le cas où l’anévrisme est supérieur à 6 cm et/ou de croissance rapide, le chirurgien mesure la balance-bénéfice/risque du traitement. À noter que les anévrysmes thoraco abdominaux constituent le cas le plus difficile à traiter en raison de la présence des artères rénales, médullaires et digestives.

Le traitement intègre 3 techniques chirurgicales :

  • La chirurgie endovasculaire

La chirurgie endovasculaire consiste à mettre en place une prothèse dans l’anévrisme. Celle-ci ne nécessite pas l’ouverture du thorax ou de l’abdomen. Ceci étant, l’implant est inséré dans les artères fémorales abordées au pli de l’aine.

  • La chirurgie conventionnelle

Ce type d’intervention nécessite l’ouverture du thorax et de l’abdomen en vue d’accéder à l’aorte thoraco abdominale. À cet effet, la circulation de l’aorte est interrompue pour permettre le remplacement de la partie dilatée par une prothèse.

  • La chirurgie hybride

La chirurgie hybride fait appel à des endoprothèses sans fenêtre afin d’extraire la partie lésée. D’autre part, des pontages vers les artères viscérales et rénales sont effectués par chirurgie conventionnelle, suivis de la mise en place d’endoprothèses.