Enophtalmie et exophtalmie

Généralités

L’ énophtalmie est une anomalie définie par un enfoncement du globe oculaire à l’intérieur de l’orbite. Le phénomène inverse est appelé couramment exophtalmie ou parfois proptose. Cette affection est caractérisée par une extrusion du globe hors de l’orbite. Dans les deux cas, le processus à l’origine du déplacement de l’œil peut agresser l’artère ophtalmique ou le nerf optique et entrainer ainsi la cécité.

L’ exophtalmie affecte l’œil de manière unilatérale (anomalie liée à une tumeur par exemple) ou bilatérale (symptôme associé à la maladie de Basedow par exemple). L’évolution de cette maladie peut être mesurée à l’aide d’un exophtalmomètre. Dans le cas de traumatisme ou d’inflammation de tissus connexes, il est possible d’observer une dislocation partielle ou totale de l’orbite.

Non traités, les cas les plus graves d’exophtalmie empêchent la fermeture des paupières de jour comme de nuit. Ce problème peut rapidement provoquer une ulcération de la cornée ou d’autres dommages irréversibles sur l’œil.

Causes

Certaines maladies génétiques telles que le syndrome de Crouzon sont associées à une forme congénitale d’exophtalmie. L’affection fait également partie des symptômes secondaires de la maladie de Basedow. Dans ce dernier cas, le déplacement du globe est provoqué par l’inflammation dans l’orbite notamment des muscles extraoculaires. Cette anomalie est couramment observée et quantifiée à l’aide d’une IRM ou par tomodensitométrie.

Pour sa part, l’énophtalmie peut être causée par :

  • un développement anormal du volume osseux au niveau de l’orbite (lié à une fracture par exemple)
  • une réduction du contenu orbitaire avec un globe de volume normal (dans le cas d’une énophtalmie sénile)
  • une rétraction du globe oculaire dans l’orbite, l’œil semble ainsi aspiré vers l’intérieur

Une pseudo-énophtalmie peut être associée à des paralysies du nerf sympathique (dans le cas du syndrome de Claude Bernard-Horner) et à certaines formes de cancer du poumon. Parfois, elle est accompagnée de myosis et de ptosis (respectivement, un rétrécissement de la pupille et une chute de la paupière supérieure).

Physiopathologie

Parfois, certains patients développent simultanément une énophtalmie et une exophtalmie alternante. Concrètement, le globe oculaire sort de l’orbite par alternance. Ce phénomène est provoqué par différentes situations pathologiques, incluant :

  • des efforts physiques prolongés
  • une compression des veines jugulaires
  • un traumatisme (exemple : une fracture du plancher orbitaire) conjugué à d’autres signes comme : la diplopie ; l’hypotropie (déplacement anormal de l’œil vers le bas) ou l’altération de la sensibilité des pommettes (indiquant la présence de lésions dans le réseau d’innervation de cette zone)

Prise en charge

La prise en charge de l’énophtalmie consiste à traiter la cause de l’anomalie. Si la maladie sous-jacente se révèle incurable, le médecin peut envisager une intervention chirurgicale selon le cas. D’autre part, l’exophtalmie se traite par un procédé chirurgical appelé « décompression orbitaire ». Cette opération consiste à enlever de l’os dans l’orbite pour faire plus de place au globe oculaire. De cette manière, les yeux parviennent à rentrer dans leur cavité naturelle.