Instabilité de l’épaule

Généralités 

Schématiquement représentée comme une sphère en équilibre instable sur un petit socle, l’épaule est la partie la plus mobile de l’organisme. Pour assurer ses fonctions, ce membre doit concilier mobilité accrue et extrême stabilité, un compromis pouvant être rompu par une luxation. Cette inertie est rendue possible grâce à la présence d’éléments capsulo-ligamentaires, dont le bourrelet et les muscles. Une fois l’équilibre rompu, la sphère se détache du socle et déchire au passage les barrières mises en place.

Les symptômes 

L’instabilité de l’épaule, ou luxation, peut se traduire par des subluxations, des luxations vraies ou encore de simples appréhensions.

  • L’instabilité gléno-humérale antérieure

Ce type de pathologie concerne les sujets hyperlaxes, c’est-à-dire très souples, et ceux qui pratiquent des sports ou des activités sportives à risque comme le rugby.

  • L’instabilité gléno-humérale postérieure

L’instabilité postérieure se traduit généralement par un champ de l’hyperlaxie ligamentaire, et elle peut être volontaire.

Les traitements 

Les traitements de l’instabilité passent a priori par une rééducation spécifique qui vise à un renforcement musculaire, notamment de muscles rotateurs médiaux ainsi que d’un travail proprioceptif. Ces techniques visent à améliorer les capacités d’anticipation de contraction musculaire.

Le bilan complémentaire consiste en un examen radiologique standard sous forme d’arthro-IRM ou d’arthro-scanner afin d’exclure les lésions associées et planifier un geste.

La première partie consiste en une immobilisation pendant trois semaines. Elle a pour objectif de soulager les douleurs et de prétendre à une cicatrisation du décollement du bourrelet afin d’éviter les récidives. Une rééducation vise également à un gain progressif des amplitudes circulaires et à leur renforcement. En cas de récidives, l’immobilisation est préconisée à titre antalgique.

En cas d’échec des traitements, l’intervention chirurgicale devient alors nécessaire.

Deux options sont possibles :

  • La butée coracoïdienne

Elle consiste à placer le processus coracoïde sur le bord antérieur de la glène. Fiable et efficace, cette opération présente un risque de récidive inférieur à 10%.

  • Le Bankart arthroscopique

Réalisée sous arthroscopie, cette intervention consiste à retendre le plan ligamentaire lésé. La convalescence et rééducation durent entre 1 et 3 mois.

Les complications 

Les complications se traduisent par la récidive, la restauration non complète des amplitudes cervicales, la persistance des douleurs, la non-consolidation de la butée et l’infection post-opératoire.

À cet effet, la reprise d’activités sportives légères est différée de 6 semaines. Quant à l’éviction de sport de contact, elle est préconisée pour les trois à quatre mois qui suivent l’intervention chirurgicale.